Les Tanukis

Les Tanukis

Cette série d’œuvres marque une évolution dans la pratique d’Élodie Lesigne. Pour ses Tanukis, elle a vécu tout le processus de création comme une part intégrante de l’œuvre. Travailler à une telle échelle transforme le rapport à la matière, impose de faire corps avec l’argile et d’entrer en dialogue avec elle dans un engagement gestationnel à la fois physique et spirituel.

Vient ensuite la cuisson dans un four Anagama, semblable à une créature de torchis. Le rituel débute par l’installation des œuvres en son giron, suivie du scellement de la porte, tel un dernier hommage avant l’embrasement. Le feu s’anime, le bois crépite, les flammes caressent la terre. Par instants, on aperçoit les pièces entrer en fusion, métamorphosées par la chaleur et les cendres. Puis vient l’attente, le silence. Enfin, la gueule du four s’ouvre, révélant les sculptures recouvertes d’un pelage d’émail façonné par les éléments. Ce processus, alliant savoir ancestral, intuition et science, relève presque du voyage chamanique.

Les Tanukis s’inspirent des statues veillant aux abords des temples japonais, notamment celles du temple Otagi Nenbutsu-ji de Kyoto. Pensés pour être installés en extérieur, ils s’inscrivent dans une tradition universelle, évoquant les calvaires européens, les Jizō du Japon, les Moaï de l’île de Pâques, les Totems Haïda ou les Ovoo mongols. Gardiens silencieux, ils veillent sur les paysages, invitant à la contemplation et à l’apaisement. S’arrêter auprès d’eux, respirer, admirer la nature et leur confier ses pensées devient un rituel précieux, une manière de renouer avec l’essence du monde vivant et spirituel.


Découvrez la cuisson dans cet article : « Compte rendu cuisson Anagama«