LES GARDIENS
Les Gardiens sont des figures anthropozoomorphes inspirées d’animaux, de masques, de costumes et d’objets votifs issus de divers folklores. Entre idoles et statuettes votives, ces êtres bienveillants veillent sur le foyer et protègent les souhaits qui leur sont confiés. Ils incarnent cette part de magie et de superstition qui subsiste discrètement dans notre monde moderne.
La rencontre d’Elodie Lesigne avec les sculptures de L’Homme-requin et de L’Homme-Lion (statue anthropozoomorphe représentant les Rois d’Abomey au Bénin : Fon Béhanzin et Gléglé) au Musée du Quai Branly est à l’origine de cette série. Ancrés dans l’imaginaire universel, Les Gardiens s’inscrivent dans la lignée des figures hybrides qui peuplent les mythes et croyances tel que Anubis en Égypte Antique, Ganesh en Inde, le Minotaure en Grèce Antique, Cernunnos en Gaule et Camazotz chez les Mayas en Amérique du Sud Précolombienne. Ces entités mi-humaines, mi-animales sont investies de pouvoirs symboliques et sont les gardiens de la frontière entre le monde visible et invisible.
Les figurines funéraires, comme l’armée de terre cuite de Qin Shi Huang Di ou les ouchebtis égyptiens, nourrissent également cette recherche. Elles témoignent d’une croyance en la persistance des liens entre les mondes visible et invisible. Dans cette même logique, les poupées à soucis du Guatemala, auxquelles on confie ses peurs avant de dormir, participent d’un rapport intime et symbolique à l’objet, transformé en réceptacle de préoccupations et d’espoirs. À leur manière, les Gardiens prolongent cette tradition en devenant des confidents, protégeant ce qu’on leur confie.
Evoquant les cabinets de curiosités, ils oscillent entre reliques et artefacts imaginaires. Objets de protection et de contemplation, ils rappellent que, malgré le progrès, l’humain cherche toujours à tisser du lien avec l’invisible.


























