LES FETICHES
Inspirés de costumes traditionnels, les Fétiches explorent la relation entre l’homme et la nature, entre le visible et l’invisible. Élodie Lesigne puise son inspiration dans les représentations anthropozoomorphes des peuples animistes ainsi que dans le travail photographique de Jimmy Nelson et Charles Fréger, qui documentent la puissance évocatrice des parures et des rituels à travers le monde.
Ces figures hybrides, à mi-chemin entre l’humain et l’animal, interrogent les liens profonds qui unissent l’homme au vivant et l’empreinte du sacré dans le quotidien. Elles questionnent la part animale en l’homme, cet instinct premier qui résonne encore en lui, et la manière dont il tente de l’apprivoiser ou de s’y reconnecter.
Dans ces sculptures, le tangible et l’intangible s’entrelacent, brouillant la frontière entre l’observable et l’imaginaire. Comme dans Le Horla de Maupassant, où l’invisible semble hanter le réel, ces œuvres traduisent une présence diffuse, entre fascination et trouble. Ce rapport à l’inquiétante étrangeté fait écho au travail d’Olivier de Sagazan, dont les performances de métamorphose interrogent l’identité et la dissolution des frontières entre l’humain, l’animal et la matière brute. Ses transformations organiques, où le corps devient à la fois support et masque, entrent en résonance avec ces sculptures, qui semblent incarner des êtres en perpétuelle mutation.
À travers la richesse des textures et les jeux de matières, ces Fétiches incarnent une force primitive, évoquant les figures brutes et instinctives de Basquiat, nourries par une énergie sauvage et une expressivité viscérale. Elles établissent un dialogue entre l’instinct et le symbolique, interrogeant la place du corps dans son environnement, la métamorphose et la mémoire des cultures.


